Publié le

1 août 2023

Embolie pulmonaire

Personne souffrant d'une dyspnée brutale évocatrice d'embolie pulmonaire.

Introduction

L’embolie pulmonaire est l’obstruction brutale d’une ou plusieurs artères pulmonaires par un caillot sanguin(thrombus), le plus souvent d’origine veineuse profonde des membres inférieurs. C’est une urgence cardiovasculaire potentiellement mortelle, qui touche environ 1 personne sur 1 000 chaque année. Elle représente la troisième cause de décès cardiovasculaire après l’infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral. Une prise en charge rapide est essentielle : la mortalité chute de 30 % en l’absence de traitement à moins de 5 % lorsque le diagnostic est posé et traité à temps.

Si vous présentez une dyspnée brutale, une douleur thoracique inexpliquée ou un malaise, contactez d’abord votre médecin traitant. Si celui-ci est indisponible, Docadom propose une consultation en urgence par un médecin à domicile : appelez le 021 845 45 45 ou utilisez notre application disponible sur l’App Store et Google Play. En cas de signes évocateurs d’embolie pulmonaire (douleur thoracique brutale, essoufflement intense, syncope), appelez immédiatement le 144.

Qui risque d’en souffrir ?

Les principaux facteurs de risque sont : antécédents personnels ou familiaux de thrombose veineuse, immobilisation prolongée (chirurgie, plâtre, alitement, long voyage), cancer actif, contraception œstroprogestative, grossesse et post-partum, thrombophilies héréditaires (facteur V Leiden, mutation du gène de la prothrombine, déficit en antithrombine), traitement hormonal substitutif, âge avancé, obésité, tabagisme, insuffisance cardiaque, maladies inflammatoires chroniques, syndrome néphrotique. La COVID-19 et certaines infections sévères augmentent également le risque thrombotique.

Symptômes de l’embolie pulmonaire

Les symptômes sont très variables, allant de la forme asymptomatique à l’arrêt cardiaque. C’est l’un des diagnostics les plus difficiles, car aucun signe n’est spécifique.

Principaux symptômes

  • Dyspnée : essoufflement d’apparition souvent brutale, au repos ou à l’effort minime. C’est le symptôme le plus fréquent.

  • Douleur thoracique : basithoracique, augmentée à l’inspiration profonde (douleur pleurale), souvent latéralisée.

  • Tachycardie : fréquence cardiaque > 100/min, parfois associée à des palpitations.

  • Toux sèche, parfois accompagnée d’une hémoptysie (crachat de sang).

  • Syncope ou malaise, surtout dans les formes massives.

  • Anxiété, sensation de mort imminente.

  • Sueurs, pâleur, cyanose dans les formes graves.

  • Signes de thrombose veineuse profonde : douleur du mollet, œdème asymétrique d’une jambe, rougeur, chaleur.

  • Hypotension artérielle, voire état de choc dans les formes massives.

Quand consulter en urgence ?

Toute suspicion d’embolie pulmonaire est une urgence vitale qui doit conduire à un appel immédiat au 144 :

  • Apparition brutale d’une dyspnée ou d’une douleur thoracique inexpliquée.

  • Présence de facteurs de risque (chirurgie récente, immobilisation, cancer, voyage long, plâtre).

  • Signes de thrombose veineuse profonde d’une jambe.

  • Survenue d’une syncope ou d’un malaise.

  • Signes de gravité : hypotension, choc, cyanose, tachycardie marquée.

  • Femme enceinte ou en post-partum présentant ces symptômes.

Que faire avant d’appeler Docadom ? L’embolie pulmonaire est l’une des rares situations où il faut passer directement par le 144 sans attendre. Contactez tout de même votre médecin traitant en parallèle s’il est joignable, ou Docadom au 021 845 45 45 ou via notre application pour smartphone (App Store et Google Play) pour les situations où la suspicion est faible et la tolérance bonne. En cas de dyspnée brutale, de syncope ou de douleur thoracique intense avec antécédents thromboemboliques, composez le 144 sans délai.

Causes et physiopathologie

L’embolie pulmonaire est le plus souvent la conséquence d’une thrombose veineuse profonde (TVP) des membres inférieurs ou pelviens. Un caillot se forme dans une veine, se détache et migre par la circulation veineuse jusqu’aux artères pulmonaires.

La triade de Virchow

Trois mécanismes favorisent la formation d’un thrombus :

  • Stase veineuse : ralentissement de la circulation veineuse (immobilisation, alitement, insuffisance cardiaque).

  • Hypercoagulabilité : cancer, grossesse, contraception, thrombophilies, inflammation.

  • Lésion de la paroi veineuse : chirurgie, traumatisme, cathéter veineux.

Facteurs transitoires et persistants

Facteurs transitoires : chirurgie (orthopédique surtout), traumatisme, immobilisation, voyage prolongé (> 6 h), grossesse, post-partum, contraception œstroprogestative. Facteurs persistants : cancer, thrombophilie, maladie inflammatoire chronique, insuffisance cardiaque, antécédents thromboemboliques, âge > 70 ans, obésité.

Diagnostic de l’embolie pulmonaire

Le diagnostic est difficile car les symptômes sont non spécifiques. Il repose sur une démarche structurée associant probabilité clinique, biologie et imagerie.

Méthodes de diagnostic

  • Évaluation de la probabilité clinique : scores de Wells ou de Genève révisé.

  • Dosage des D-dimères : une valeur normale permet d’exclure le diagnostic en cas de probabilité clinique faible. Une valeur élevée impose une imagerie.

  • Angioscanner thoracique : examen de référence, qui visualise directement les caillots dans les artères pulmonaires.

  • Scintigraphie pulmonaire de ventilation/perfusion : alternative en cas de contre-indication au scanner (grossesse, insuffisance rénale, allergie à l’iode).

  • Échographie veineuse des membres inférieurs : recherche une thrombose veineuse profonde associée.

  • Échocardiographie : évalue le retentissement sur le ventricule droit dans les formes graves.

  • Électrocardiogramme (ECG) : tachycardie sinusale, aspect S1Q3T3, bloc de branche droit.

  • Gazométrie artérielle : hypoxémie, hypocapnie.

  • Bilan biologique : NFS, ionogramme, créatinine, troponine, BNP/NT-proBNP, bilan de coagulation.

Diagnostics alternatifs

Plusieurs pathologies peuvent mimer une embolie pulmonaire :

  • Infarctus du myocarde, angor instable.

  • Pneumonie, pleurésie, pneumothorax.

  • Dissection aortique.

  • Insuffisance cardiaque, œdème pulmonaire.

  • Crise d’asthme ou exacerbation de bronchite chronique.

  • Trouble panique avec hyperventilation.

  • Tamponnade péricardique, myocardite.

Traitement de l’embolie pulmonaire

Le traitement vise à empêcher l’extension du caillot, à prévenir les récidives, à traiter le retentissement hémodynamique et à éviter le syndrome post-embolique.

Anticoagulation

L’anticoagulation est la pierre angulaire du traitement :

  • Phase initiale : héparine de bas poids moléculaire (énoxaparine, tinzaparine), fondaparinux, ou directement un anticoagulant oral direct (AOD) selon la situation.

  • Phase d’entretien : AOD (apixaban, rivaroxaban, dabigatran, edoxaban) ou AVK (warfarine, acénocoumarol) avec INR cible entre 2 et 3.

  • Durée : au moins 3 mois, prolongée voire à vie en cas de facteurs de risque persistants, de cancer ou de récidive.

  • Chez la femme enceinte : héparines de bas poids moléculaire uniquement (AOD et AVK contre-indiqués).

Traitement des formes graves

  • Thrombolyse : altéplase en perfusion intraveineuse, indiquée dans les embolies pulmonaires à haut risque avec choc ou hypotension.

  • Thrombectomie par voie endovasculaire ou chirurgicale, en cas de contre-indication ou d’échec de la thrombolyse.

  • Filtre cave dans la veine cave inférieure, en cas de contre-indication à l’anticoagulation.

  • Réanimation : remplissage vasculaire, noradrénaline, dobutamine, oxygénothérapie, voire ECMO en cas d’arrêt cardiaque.

Mesures associées

Lever précoce sous anticoagulation efficace. Bas de contention dans certains cas. Recherche d’un cancer chez le patient sans facteur de risque évident. Bilan de thrombophilie dans certaines situations (récidives, antécédents familiaux, sujet jeune). Éducation thérapeutique : signes d’alarme, interactions médicamenteuses.

Prévention de l’embolie pulmonaire

La prévention repose sur l’identification des situations à risque et l’utilisation appropriée des anticoagulants préventifs.

  • Lever précoce après chirurgie ou accouchement.

  • Anticoagulation préventive par HBPM lors des chirurgies orthopédiques majeures, abdominales, en cancérologie ou en cas d’alitement prolongé.

  • Bas de contention chez les patients à risque modéré, lors des longs voyages.

  • Hydratation suffisante, en particulier en voyage long.

  • Mobilisation des jambes lors des longs trajets (flexion, marche).

  • Arrêt du tabac, maintien d’un poids santé, activité physique régulière.

  • Évaluation du rapport bénéfice/risque des traitements hormonaux (contraception, THS).

  • Suivi médical rapproché des patients ayant des antécédents thromboemboliques.

Complications possibles

L’embolie pulmonaire peut entraîner des complications graves, immédiates ou à long terme.

Complications aiguës

  • Choc cardiogénique et arrêt cardio-respiratoire dans les formes massives.

  • Insuffisance ventriculaire droite aiguë.

  • Infarctus pulmonaire : nécrose d’une partie du parenchyme pulmonaire.

  • Hémorragies liées au traitement anticoagulant.

Complications chroniques

  • Récidives d’embolie pulmonaire ou de thrombose veineuse profonde.

  • Syndrome post-thrombotique des membres inférieurs : douleurs, œdèmes, ulcères.

  • Hypertension pulmonaire chronique thromboembolique : complication rare mais grave.

  • Retentissement psychologique : anxiété, crainte de la récidive.

Quand contacter un médecin pour une suspicion d’embolie pulmonaire

L’embolie pulmonaire est une urgence absolue qui demande une réaction rapide :

  • En premier recours, si la situation n’est pas critique : contactez votre médecin traitant, qui pourra évaluer la probabilité clinique et orienter rapidement.

  • Si votre médecin traitant est indisponible et que les symptômes sont modérés (essoufflement progressif, douleur basithoracique modérée), Docadom propose une consultation en urgence par un médecin à domicile. Appelez le 021 845 45 45 ou faites votre demande via notre application mobile, disponible gratuitement sur l’App Store et Google Play.

  • En cas de signes de gravité (dyspnée brutale, syncope, douleur thoracique intense, signes de choc), composez sans délai le 144. L’embolie pulmonaire massive ne se traite qu’en milieu hospitalier.

Conclusion : un diagnostic à évoquer largement

L’embolie pulmonaire est une urgence vasculaire fréquente, dont le diagnostic est difficile en raison de la variabilité des symptômes. Elle résulte de la migration d’un caillot d’origine veineuse vers les artères pulmonaires, dans un contexte de facteurs de risque souvent identifiables. Elle se caractérise par une dyspnée, une douleur thoracique, une tachycardie et parfois une syncope, qui peuvent entraîner des complications gravissimes comme le choc cardiogénique, l’insuffisance ventriculaire droite ou l’hypertension pulmonaire chronique.

Au moindre doute, sollicitez d’abord votre médecin traitant. Si celui-ci n’est pas disponible et que la situation n’est pas critique, Docadom met à votre disposition un médecin d’urgence à domicile 7 jours sur 7 : appelez le 021 845 45 45 ou utilisez notre application mobile (App Store, Google Play) pour demander une consultation en urgence. Devant une suspicion d’embolie pulmonaire avec signes de gravité, n’hésitez pas : appelez le 144.

Illustration de services médicaux à domicile