Publié le
3 oct. 2024
Douleurs thoraciques

Introduction
La douleur thoracique est l’un des motifs les plus fréquents de consultation en urgence. Elle désigne toute douleur ou gêne située entre la base du cou et le diaphragme. Ses causes sont très variées : cardiovasculaires, pulmonaires, digestives, musculo-squelettiques ou psychogènes. L’enjeu est de distinguer rapidement les causes bénignes (douleurs musculaires, anxiété) des urgences vitales comme l’infarctus du myocarde, l’embolie pulmonaire, la dissection aortique ou le pneumothorax.
Si vous ressentez une douleur thoracique nouvelle ou inhabituelle, contactez d’abord votre médecin traitant. Si celui-ci est indisponible, Docadom propose une consultation en urgence par un médecin à domicile : appelez le 021 845 45 45 ou utilisez notre application disponible sur l’App Store et Google Play. Toute douleur thoracique constrictive irradiant vers le bras gauche ou la mâchoire impose un appel immédiat au 144.
Qui risque d’en souffrir ?
Toute personne peut présenter une douleur thoracique. Les patients ayant des facteurs de risque cardiovasculaire (tabagisme, hypertension, diabète, dyslipidémie, antécédents familiaux d’infarctus) sont à haut risque de syndrome coronarien aigu. Les patients alités, les femmes sous contraception œstroprogestative, les voyageurs et les patients en post-opératoire sont à risque d’embolie pulmonaire. Les jeunes hommes longilignes peuvent présenter un pneumothorax spontané. Les patients âgés ou porteurs d’un syndrome de Marfan sont exposés à la dissection aortique. Le stress, l’anxiété et les troubles paniques sont aussi des causes très fréquentes, en particulier chez les sujets jeunes.
Symptômes et caractéristiques de la douleur
L’analyse fine de la douleur est essentielle pour orienter le diagnostic. L’interrogatoire précise plusieurs éléments clés.
Caractéristiques de la douleur
Siège : rétrosternal, précordial, latéral, basithoracique, dorsal.
Irradiation : mâchoire, bras gauche, dos, épigastre.
Type : constrictive, en étau, en coup de poignard, brûlure, pulsatile.
Mode de survenue : brutal, progressif, à l’effort, au repos, après un repas.
Durée : quelques secondes, quelques minutes, plusieurs heures.
Facteurs déclenchants ou calmants : effort, stress, position, respiration, palpation, trinitrine.
Signes associés à rechercher
Dyspnée, sueurs, nausées, pâleur (évocateurs d’un infarctus).
Toux, fièvre, expectorations (orientent vers une cause infectieuse comme la pneumonie).
Palpitations, syncope, malaise (évoquent une arythmie).
Œdème ou rougeur d’un mollet (suggère une thrombose veineuse profonde et une embolie pulmonaire).
Pyrosis, régurgitations (cause digestive).
Anxiété, hyperventilation (trouble panique).
Quand consulter en urgence ?
Une douleur thoracique doit faire appeler le 144 sans délai dans les cas suivants :
Douleur brutale, intense, en étau, rétrosternale, irradiant vers la mâchoire ou le bras gauche.
Douleur associée à dyspnée, sueurs, nausées, malaise ou perte de connaissance.
Douleur transfixiante dorsale brutale (suspicion de dissection aortique).
Douleur thoracique avec toux sanglante ou dyspnée brutale (suspicion d’embolie pulmonaire).
Cyanose ou détresse respiratoire.
Patient avec facteurs de risque cardiovasculaire ou antécédents coronariens.
Que faire avant d’appeler Docadom ? Contactez d’abord votre médecin traitant, qui connaît vos antécédents cardiovasculaires et vos traitements. S’il est injoignable et que la douleur ne semble pas évoquer une urgence vitale, vous pouvez faire appel à Docadom au 021 845 45 45 ou faire votre demande directement depuis notre application pour smartphone (App Store et Google Play). En cas de douleur évocatrice d’infarctus, d’embolie ou de dissection aortique, composez le 144 immédiatement.
Causes de la douleur thoracique
Causes cardiovasculaires
Les plus redoutées : syndrome coronarien aigu (infarctus, angor instable), angor stable, dissection aortique, embolie pulmonaire, péricardite aiguë, myocardite. La douleur d’infarctus est rétrosternale, constrictive, prolongée, irradiant vers la mâchoire ou le bras gauche, accompagnée de sueurs et de nausées.
Causes pulmonaires
Pneumothorax spontané (jeune longiligne ou BPCO), pneumonie aiguë, pleurésie, asthme aigu (oppression thoracique, sifflements), exacerbation de bronchite chronique.
Causes digestives
Reflux gastro-œsophagien (douleur rétrosternale ascendante, pyrosis), spasme œsophagien (douleur très intense pouvant mimer un infarctus), ulcère gastroduodénal, pancréatite aiguë, cholécystite.
Causes pariétales et musculo-squelettiques
Syndrome de Tietze, névralgie intercostale, zona thoracique (douleur en bande puis éruption vésiculaire), fractures costales, contusions thoraciques.
Causes psychogènes
Trouble panique, anxiété généralisée, somatisation. Souvent associées à une hyperventilation, à des paresthésies et à une sensation de mort imminente. Diagnostic à porter avec prudence, après élimination des causes graves.
Diagnostic de la douleur thoracique
Le diagnostic repose sur l’anamnèse, l’examen clinique et des examens complémentaires ciblés.
Méthodes de diagnostic
Examen physique : constantes (tension aux deux bras, pouls, fréquence respiratoire, saturation), auscultation cardiaque et pulmonaire, palpation, examen des mollets.
Électrocardiogramme (ECG) : examen clé, à réaliser en moins de 10 minutes.
Troponine : marqueur de souffrance myocardique, élevé dans l’infarctus.
D-dimères : utiles en cas de suspicion d’embolie pulmonaire à probabilité faible ou intermédiaire.
Radiographie thoracique : recherche de pneumothorax, de foyer pulmonaire, d’élargissement médiastinal.
Échocardiographie : fonction cardiaque, valves, péricarde.
Angioscanner thoracique : examen de référence pour l’embolie pulmonaire et la dissection aortique.
Coronarographie : confirme et traite un syndrome coronarien aigu.
Diagnostics alternatifs
Crise d’angoisse ou trouble panique : diagnostic d’élimination.
Cardiomyopathie de stress (tako-tsubo) : mime l’infarctus, déclenchée par un stress émotionnel.
Hypertension pulmonaire : dyspnée prédominante, douleur atypique.
Affections rachidiennes projetées au thorax.
Prise en charge et traitement
La prise en charge dépend de la cause. Toute douleur thoracique suspecte doit être évaluée en urgence.
Prise en charge initiale en urgence
Appel du 144 en cas de signes d’infarctus, de dissection ou d’embolie. Mise au repos, oxygénothérapie si nécessaire, monitoring, voie veineuse, bilan biologique, ECG rapide.
Traitements selon la cause
Syndrome coronarien aigu : antiagrégants plaquettaires, anticoagulants, bêta-bloquants, statines, trinitrine, angioplastie en urgence.
Embolie pulmonaire : anticoagulation immédiate, parfois thrombolyse.
Dissection aortique : contrôle strict de la tension, chirurgie en urgence dans les formes proximales.
Pneumothorax : surveillance ou drainage thoracique selon l’importance.
Péricardite : AINS, colchicine, traitement étiologique.
Reflux gastro-œsophagien : IPP, règles hygiéno-diététiques.
Causes musculo-squelettiques : antalgiques, AINS, kinésithérapie.
Anxiété ou trouble panique : réassurance, prise en charge psychologique, parfois anxiolytiques ou antidépresseurs.
Prévention
La prévention concerne surtout les causes cardiovasculaires :
Arrêt du tabac, activité physique régulière, alimentation équilibrée, maintien d’un poids santé.
Contrôle de la tension artérielle, du cholestérol, du diabète.
Suivi cardiologique pour les patients à risque.
Anticoagulation préventive lors des situations à risque thromboembolique (chirurgie, immobilisation).
Gestion du stress et prise en charge précoce des troubles anxieux.
Vaccinations (grippe, COVID, pneumocoque) qui réduisent les complications cardiovasculaires.
Complications possibles
Les complications dépendent de la cause sous-jacente :
Infarctus du myocarde compliqué : insuffisance cardiaque, trouble du rythme grave, mort subite.
Embolie pulmonaire massive : choc cardiogénique, arrêt cardio-circulatoire.
Dissection aortique : rupture, tamponnade, AVC, ischémie viscérale.
Pneumothorax compressif : insuffisance respiratoire aiguë.
Péricardite compliquée : tamponnade, péricardite chronique constrictive.
Retentissement psychologique des douleurs thoraciques répétées.
Quand contacter un médecin pour une douleur thoracique
Toute douleur thoracique inexpliquée mérite un avis médical. Voici la conduite à tenir :
En premier recours : contactez votre médecin traitant, qui connaît votre profil cardiovasculaire et vos traitements.
Si votre médecin traitant est indisponible (soir, week-end, vacances) et que la douleur ne semble pas évoquer une urgence vitale, Docadom propose une consultation en urgence par un médecin à domicile. Appelez le 021 845 45 45 ou faites votre demande via notre application mobile, disponible gratuitement sur l’App Store et Google Play.
En cas de signes évocateurs d’infarctus, d’embolie ou de dissection (douleur intense en étau, irradiation, dyspnée, sueurs, malaise), composez sans délai le 144.
Conclusion : ne jamais négliger une douleur thoracique
La douleur thoracique est un symptôme à prendre au sérieux. Bénigne dans de nombreux cas, elle peut révéler une urgence vitale comme l’infarctus du myocarde, l’embolie pulmonaire ou la dissection aortique. Elle se caractérise par une grande variété de présentations, qui dépendent de la cause sous-jacente. Elle peut entraîner des complications gravissimes en cas de retard diagnostique, surtout chez les patients à risque cardiovasculaire.
Au moindre doute, sollicitez d’abord votre médecin traitant. Si celui-ci n’est pas disponible et que la situation n’est pas critique, Docadom met à votre disposition un médecin d’urgence à domicile 7 jours sur 7 : appelez le 021 845 45 45 ou utilisez notre application mobile (App Store, Google Play). Devant une douleur thoracique évocatrice de syndrome coronarien aigu, n’hésitez pas : appelez le 144.








