Publié le
3 juin 2023
Arythmies cardiaques

Introduction
Les arythmies cardiaques désignent l’ensemble des troubles du rythme du cœur, c’est-à-dire toute irrégularité dans la fréquence ou la régularité des battements cardiaques. Le cœur peut alors battre trop rapidement(tachycardie), trop lentement (bradycardie), de manière irrégulière, ou enchaîner des battements supplémentaires (extrasystoles). Ces troubles résultent d’une perturbation de l’activité électrique du cœur, qui contrôle normalement la contraction harmonieuse des oreillettes et des ventricules. Bénignes pour la plupart, certaines arythmies sont des urgences vitales et peuvent provoquer des complications graves comme l’accident vasculaire cérébral ou l’insuffisance cardiaque.
Si vous ressentez des palpitations inhabituelles, un essoufflement nouveau ou un malaise, contactez d’abord votre médecin traitant. Si celui-ci est indisponible, Docadom propose une consultation en urgence par un médecin à domicile : appelez le 021 845 45 45 ou utilisez notre application disponible sur l’App Store et Google Play.
Qui risque d’en souffrir ?
Toute personne peut développer une arythmie, mais certains profils sont plus exposés. Les personnes âgées, les patients souffrant d’hypertension artérielle, de diabète, d’apnée du sommeil, de maladies coronariennes, d’insuffisance cardiaque ou de troubles thyroïdiens sont particulièrement vulnérables. Les athlètes de haut niveau peuvent présenter des bradycardies physiologiques. La fibrillation auriculaire est plus fréquente après 65 ans, tandis que les tachycardies ventriculaires surviennent surtout dans un contexte de maladie cardiaque sous-jacente. Le stress, l’alcool, le tabac, la caféine et certains médicaments peuvent également favoriser leur apparition.
Symptômes des arythmies
Les arythmies se manifestent par des signes qui touchent principalement la sphère cardiovasculaire mais peuvent retentir sur l’ensemble de l’organisme. Certaines arythmies sont totalement asymptomatiques et découvertes lors d’un examen de routine, tandis que d’autres provoquent une gêne marquée ou des épisodes graves.
Principaux symptômes
Palpitations : perception consciente des battements, qui paraissent rapides, forts, irréguliers ou manqués.
Essoufflement : sensation de manque d’air à l’effort ou au repos, liée à une baisse du débit cardiaque.
Oppression ou douleur thoracique : témoigne parfois d’une souffrance du muscle cardiaque associée.
Étourdissements et vertiges : liés à une diminution transitoire du débit sanguin cérébral.
Syncope : perte de connaissance brève, signe d’alarme imposant une consultation rapide.
Fatigue et anxiété, parfois œdèmes des membres inférieurs lorsqu’une insuffisance cardiaque s’installe.
Quand consulter en urgence ?
Une consultation en urgence est nécessaire dans les situations suivantes :
Palpitations prolongées (plus de quelques minutes) ou particulièrement mal tolérées.
Palpitations associées à des douleurs thoraciques, à un essoufflement, à des vertiges, à un malaise ou à une perte de connaissance — appelez immédiatement le 144.
Survenue d’une arythmie chez une personne âgée, une femme enceinte, un patient atteint d’une maladie cardiaque connue, d’un diabète ou d’une hypertension.
Apparition après un nouveau médicament ou une consommation excessive d’alcool.
Antécédents familiaux de mort subite ou de troubles du rythme héréditaires.
Que faire avant d’appeler Docadom ? Contactez d’abord votre médecin traitant, qui connaît vos antécédents cardiovasculaires et votre traitement habituel. S’il est injoignable ou si vous avez besoin d’un médecin à domicile en dehors des heures d’ouverture, appelez Docadom au 021 845 45 45 ou faites votre demande directement depuis notre application pour smartphone (App Store et Google Play). En cas de signes de gravité (douleur thoracique intense, malaise, perte de connaissance), composez le 144 sans délai.
Causes des arythmies
Les arythmies résultent d’une perturbation du système électrique du cœur. Les causes peuvent être cardiaques, extracardiaques ou génétiques.
Causes cardiaques
Ce sont les plus fréquentes parmi les arythmies sévères : maladie coronarienne (et infarctus du myocarde), insuffisance cardiaque, valvulopathies, cardiomyopathies, malformations congénitales et suites d’une chirurgie cardiaque.
Causes extracardiaques
L’hyperthyroïdie, les troubles électrolytiques (potassium, magnésium, calcium), l’apnée du sommeil, l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité, certaines infections comme la myocardite virale, ainsi que les toxiques (alcool, tabac, drogues stimulantes), l’excès de caféine et certains médicaments peuvent déclencher ou aggraver une arythmie.
Arythmies d’origine génétique
Certaines arythmies sont liées à des anomalies génétiques appelées canalopathies : syndrome du QT long, syndrome de Brugada, tachycardie ventriculaire catécholaminergique. Souvent familiales, elles peuvent se révéler par des syncopes ou, dans les formes graves, par une mort subite, parfois chez des sujets jeunes apparemment en bonne santé.
Principaux types d’arythmies
Fibrillation auriculaire
C’est l’arythmie soutenue la plus fréquente, touchant 1 à 2 % de la population et jusqu’à 10 % des plus de 80 ans. Les oreillettes se contractent de manière anarchique et rapide. Sa principale complication est la formation de caillots dans l’oreillette gauche, à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux.
Flutter et tachycardies supraventriculaires
Le flutter auriculaire partage les mêmes facteurs de risque et complications que la fibrillation. Les tachycardies supraventriculaires (réentrée nodale, syndrome de Wolff-Parkinson-White) provoquent des crises de palpitations à début et fin brusques, généralement bénignes mais souvent invalidantes.
Tachycardie et fibrillation ventriculaires
La tachycardie ventriculaire est souvent associée à une maladie cardiaque sous-jacente. La fibrillation ventriculaire empêche toute contraction efficace et provoque un arrêt cardio-circulatoire. Ces deux arythmies sont des urgences absolues nécessitant une défibrillation immédiate.
Bradycardies et extrasystoles
Les bradycardies correspondent à un rythme inférieur à 60 battements par minute. Pathologiques, elles peuvent imposer la pose d’un stimulateur cardiaque. Les extrasystoles sont des battements supplémentaires, ressentis comme un battement manqué ou un coup dans la poitrine, le plus souvent bénins.
Diagnostic des arythmies
Le diagnostic associe anamnèse, examen clinique et examens complémentaires ciblés.
Méthodes de diagnostic
Électrocardiogramme (ECG) : examen de référence, qui permet d’identifier la plupart des troubles du rythme.
Holter ECG : enregistrement sur 24 à 72 heures, utile pour détecter les arythmies paroxystiques.
Enregistreurs d’événements et moniteurs implantables : pour les symptômes rares ou les syncopes inexpliquées.
Échocardiographie : évalue la structure du cœur et la fraction d’éjection.
Épreuve d’effort : utile pour les arythmies déclenchées par l’effort.
Étude électrophysiologique : examen invasif qui cartographie l’activité électrique et peut traiter l’arythmie par ablation.
Bilan biologique : électrolytes, fonction rénale, TSH, parfois troponine et NT-proBNP.
Diagnostics alternatifs
Plusieurs pathologies peuvent évoquer une arythmie :
Angine de poitrine ou infarctus du myocarde.
Embolie pulmonaire, qui peut provoquer une tachycardie brutale et un essoufflement.
Troubles anxieux et attaques de panique, à différencier après un ECG normal.
Hyperthyroïdie, anémie, hypoglycémies.
Traitement des arythmies
Le traitement vise à soulager les symptômes, à rétablir un rythme normal, à prévenir les complications(notamment l’AVC et la mort subite) et à traiter la cause sous-jacente.
Traitement médicamenteux
Bêta-bloquants (bisoprolol, métoprolol) : première intention dans de nombreuses tachycardies.
Inhibiteurs calciques bradycardisants (vérapamil, diltiazem).
Amiodarone (Cordarone®) : antiarythmique puissant pour les arythmies graves, à surveillance rapprochée.
Flécaïnide (Flécaïne®) : dans la fibrillation auriculaire sans cardiopathie structurelle.
Anticoagulants (apixaban, rivaroxaban, dabigatran, edoxaban, warfarine) : essentiels en cas de fibrillation auriculaire pour prévenir l’accident vasculaire cérébral.
Procédures interventionnelles
Ablation par radiofréquence ou cryoablation : très efficace dans les tachycardies supraventriculaires, le flutter auriculaire et une grande partie des fibrillations auriculaires.
Cardioversion électrique : choc électrique synchronisé pour rétablir un rythme sinusal.
Défibrillation en urgence pour traiter une fibrillation ventriculaire.
Dispositifs implantables et hygiène de vie
Le stimulateur cardiaque (pacemaker) est indiqué dans les bradycardies symptomatiques et les blocs auriculo-ventriculaires. Le défibrillateur automatique implantable (DAI) est posé chez les patients à haut risque de mort subite. L’hygiène de vie est essentielle : limitation de l’alcool, du tabac, de la caféine, contrôle du poids, du diabète, de l’hypertension et de l’apnée du sommeil, activité physique adaptée, gestion du stress.
Prévention des arythmies
Hygiène de vie
Alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, poissons gras.
Activité physique régulière, au moins 30 minutes par jour.
Maintien d’un poids santé ; l’obésité est un facteur majeur de fibrillation auriculaire.
Arrêt du tabac et limitation de l’alcool (responsable du holiday heart syndrome).
Limitation des excitants (café, thé fort, boissons énergisantes).
Contrôle de la tension artérielle, de la glycémie et du cholestérol.
Dépistage et traitement de l’apnée du sommeil.
Suivi médical et auto-surveillance
Consultation annuelle chez le médecin traitant, avec contrôle du pouls et auscultation cardiaque.
Électrocardiogramme de référence, surtout après 50 ans ou en cas d’antécédents.
Auto-dépistage du pouls quelques minutes par jour, après 65 ans.
Utilisation de montres et bracelets connectés capables de détecter des arythmies, en complément du suivi médical.
Bilan cardiologique spécialisé en cas de symptômes inexpliqués ou d’antécédents familiaux de mort subite.
Complications possibles
L’accident vasculaire cérébral est la complication la plus redoutée des fibrillations auriculaires non anticoagulées. Il se manifeste par une paralysie soudaine d’un côté du corps, des troubles de la parole, des troubles visuels ou une perte de connaissance, et constitue une urgence absolue.
Les autres complications incluent l’insuffisance cardiaque liée à une tachycardie prolongée (cardiomyopathie rythmique), la mort subite cardiaque due à une fibrillation ventriculaire, les syncopes traumatiques avec chutes ou accidents, l’altération de la qualité de vie, ainsi que les complications liées aux traitements (effet pro-arythmique, hémorragies sous anticoagulant).
Quand contacter un médecin pour votre arythmie
Toute arythmie nouvelle ou mal tolérée nécessite un avis médical. Voici la conduite à tenir :
En premier recours : contactez votre médecin traitant. Lui seul connaît votre traitement, vos antécédents cardiologiques et votre éventuel traitement anticoagulant.
Si votre médecin traitant est indisponible (soir, week-end, vacances), Docadom propose une consultation en urgence par un médecin à domicile. Appelez le 021 845 45 45 ou faites votre demande via notre application mobile, disponible gratuitement sur l’App Store et Google Play.
En cas de signes de gravité (douleur thoracique intense, malaise, perte de connaissance, signes d’AVC), composez sans délai le 144.
Conclusion : un rythme cardiaque sous contrôle, c’est une vie préservée
Les arythmies cardiaques regroupent un ensemble très varié de troubles du rythme, allant de simples extrasystoles bénignes à des urgences vitales comme la fibrillation ventriculaire. Elles se caractérisent par des palpitations, un essoufflement, des malaises ou des douleurs thoraciques, qui peuvent entraîner des complications comme l’accident vasculaire cérébral, l’insuffisance cardiaque ou la mort subite. Une prise en charge adaptée — médicaments antiarythmiques, anticoagulants, ablation, pacemaker, défibrillateur implantable — permet à la grande majorité des patients de mener une vie normale.
En cas de doute, sollicitez d’abord votre médecin traitant. Si celui-ci n’est pas disponible, Docadom met à votre disposition un médecin d’urgence à domicile 7 jours sur 7 : appelez le 021 845 45 45 ou utilisez notre application mobile (App Store, Google Play) pour demander une consultation en urgence.








